Dette Française en 2016 : analyse de risque

La France est « sauvée » par des taux bas pour l'instant...

En fait, trois facteurs sont déterminants pour jauger la soutenabilité d'une dette : les taux d'intérêts, la croissance, et l'inflation. Plus les taux sont bas, moins ils pèsent sur les finances publiques ; plus le PIB augmente, plus le poids de la dette dans le PIB diminue ; idem pour l'inflation. Si les taux sont partis pour rester faibles dans les pays développés - avec les Banques centrales américaine, européenne et japonaise qui maintiennent leurs taux bas depuis la crise de 2008 et rachètent une partie des dettes des États - la croissance et l'inflation restent au tapis, surtout dans la zone euro et au Japon.

Ainsi la France se retrouve-t-elle coincée : la croissance et l'inflation, toutes les deux faibles, ne contribuent pas à améliorer la gestion des finances publiques. Pour le moment, la France est « sauvée » par des taux bas, dont elle n'a pas la maîtrise. Pour rappel, la dette de l'État français, émise sur les marchés financiers, est détenue à 64,4% par des « non-résidents », principalement des sociétés financières européennes. Ce qui implique un risque systémique en cas de crise.

Le gouvernement prévoit que la dette publique atteigne 96,3% du PIB en 2015 et 96,5% du PIB en 2016, signes que la dette se stabiliserait enfin. Pour les prévisions de 2016, l'État vise une croissance de 1,5%, un déficit public de 3,3% et une inflation de 1%. Outre le caractère un peu optimiste de ces hypothèses, de tels objectifs pourraient voler en éclats si les taux longs sur les marchés financiers remontaient. Ils devraient remonter mais nul ne saurait présager quand.

L'Agence France Trésor chiffre l'impact budgétaire d'une hausse de 1% sur l'ensemble des taux relatifs à la dette de l'État à 2,2 milliards d'euros la première année, puis 5 milliards la deuxième et 10 milliards au bout de 5 ans. Le rapport Pébereau prévoyait que la barre des 100 % serait dépassée dès 2014. Tout en alertant sur le fait que l’approche de ce seuil périlleux déclencherait une perte de confiance des marchés, ce qui conduirait les investisseurs à exiger une prime de risque de plus en plus élevée.

Une charge budgétaire quasi stable

C’est l’un des paradoxes de la dernière décennie. Malgré une augmentation de la dette publique de 1.190 à 2.103 milliards d’euros, la charge de la dette n’a pas explosé comme on aurait pu le croire. Elle est estimée pour 2015 à 44,3 milliards d’euros, contre 40 milliards dix ans plus tôt. Comme en 2005, la charge liée aux intérêts est toujours le deuxième poste de dépense de l’État derrière l’enseignement scolaire et devant la défense.

C’est la faiblesse des taux obligataires (l'OAT) qui explique ce phénomène  :  en 2015, la France a emprunté à un taux à moyen-long terme moyen de 0,63 % quand il valait près de 10% en 1987. Comme cet environnement de taux bas dure depuis sept à huit ans, soit la maturité moyenne des emprunts d’État, l’effet sur la charge d’intérêt est ressenti pleinement aujourd’hui. Mais la France reste plus que jamais vulnérable face à une éventuelle remontée des taux.

Prolongeant un mouvement entamé il y a une vingtaine d'années, le taux apparent de la dette (le montant des intérêts payés par rapport à la dette totale) a fortement reculé au cours de la période 2003-2013, revenant de 4,4 % à 2,5 %, ce qui explique sans doute pourquoi les gouvernements respectifs ont retardé leurs efforts budgétaires : dans le même temps, la dette publique augmentait de 30 points de PIB ! « Si la France avait eu par exemple en 2013 le même taux apparent sur sa dette qu'il y a dix ans, elle aurait dû verser des intérêts supérieurs de près de 80 % à ceux effectivement acquittés », estime Olivier Chemla, économiste en chef à l'Afep.

Dette publique française entre 1975 et 2014

Montant des Intérêts Dette Française de 1975 à 2014

Une valeur patrimoniale dégradée

Chaque nouveau-né arrive dans la vie avec une dette vis-à-vis de l’État de plus de 40.000 euros. C’était 25.000 euros en 2005. C’est l’image souvent utilisée pour illustrer le poids de la dette sur les nouvelles générations. Mais les économistes préfèrent raisonner en termes de valeur nette du patrimoine. Car un nouveau-né hérite tout autant de la dette de l’État que de ses actifs (entre­prises et bâtiments publics, routes, infrastructures, etc.). Dans ce cas, le solde est positif, à plus de 5.000 euros.

Mais cette valeur nette s’est dégradée en dix ans, sous l’effet de la hausse de la dette et d’une valorisation moins rapide du patrimoine de l’État, notamment de l’immobilier. Après avoir atteint un sommet­ à plus de 50 % du PIB en 2007, la valeur nette du patrimoine des administrations publiques a fortement chuté, pour retomber à moins de 20 % du PIB en 2014.

Des emprunteurs irresponsables

La baisse des taux d’intérêt bien au-delà de la baisse de l’inflation constitue une forme perverse de taxation de l’épargne. En réduisant le rendement des obligations de manière brutale, les banques centrales ont fait payer aux investisseurs les avantages que les banques, les emprunteurs et les gouvernements ont pu retirer d’un financement à des taux qui avaient de facto éliminé le coût du risque.

Déficit Publique Français de 1975 à 2014Cette ponction auprès des investisseurs a permis aux Gouvernements de financer des déficits exorbitants au lieu de vivre à la hauteur de leurs moyens. Au lieu de maintenir leur équilibre financier, les émetteurs souverains ont réussi le tour de magie d’augmenter leur dette sans augmenter le coût de la dette. Le champion toutes catégories de cette entourloupe est l’Italie qui, tous les ans, doit emprunter 500 milliards d’euros sans se soucier du risque de chaise musicale.

Ce faisant, ils n’ont pas même tenté de se poser la question : que se passerait-il si les taux d’intérêt augmentaient, disons, de 200 points de base (2%). Il suffirait de ce mouvement pour que s’enclenche la machine infernale de l’effet de boule de neige de l’endettement aux conséquences systémiques incalculables. Nos dirigeants ont mis en place la prochaine bombe à retardement, se comportant comme la cigale de La Fontaine.

Comme, même dans la situation actuelle, la plupart des gouvernements occidentaux ne pourront faire face aux engagements de pension que la génération des baby-boomers ou la suivante risquent de ne pas pouvoir financer.

Pendant ce temps-là, l’emploi américain augmente : 280.000 jobs créés en mai consolident le taux de chômage à 5.5%. L’économie américaine se porte de mieux en mieux, le potentiel ralentissement est désormais écarté et de plus, la Fed compte remonter ses taux. La rémunération et le risque des investisseurs semblent tenir un bon équilibre. La non-rémunération des risques et l’illiquidité de plus en plus inhérente au marché des obligations européennes, poussent les investisseurs hors d’Europe. Est-ce vraiment l’objectif ?

Source : Le Monde, Les Echos, Le Figaro janvier 2016

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